NOURRITURE
Les revenus de mes parents étaient très modestes. A part
les oeufs des poules, les lapins des clapiers et la
découpe du cochon élevé dans un enclos nous ne mangions que rarement de la
viande de boucherie. Je crois quand même que le vendredi c'était le jour
du poisson, du genre pas cher : sardines, harengs. Les ressources
essentielles venaient du jardin que toutes les maisons possédaient. Avant
le bêchage d’hiver mon grand-père vidait la fosse à purin et répandait le
liquide sur le sol. Tout le quartier en profitait et c’était chacun à son
tour. |
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Les repas de midi étaient invariables et les plats basés sur un coût
minimum: -Pommes de terre sauce roussie avec des cornichons coupés en rondelles -Agglomérés de farine et pomme de terre ( Knedele ) accompagnés d’une sauce blanche aux lardons. C’était bon mais ça collait aux dents. -Beignets aux pommes de terre ( que je fais encore pour épater les parisiens ) appelés « Kroumbéaponnekoure » que l’on mangeait avec de la soupe aux haricots et légumes divers semblable à la Minestrone dite "soutelbohnesoup". Il faut dire que le reste des beignets froids servait à la confection du casse-croûte pour la mine : un beignet entre deux tranches de pain beurré à la margarine que ma grand-mère appelait beurre pour faire plus riche. Quand on a faim on mange. - lait caillé avec des pommes de terre rôties.
- la salade de pommes de terre ou de
nouilles avec des morceaux de saucisse de viande ( Lyonerwourst).
La pomme de terre ( kroummbéa) était
présente à tous les repas et sous toutes ses aspect. C'était le
Dans les nouilles, les salades, la soupe on retrouvait toujours, et encore
maintenant, la potion magique du lorrain, le « Maggi ». La purée faite
avec les pommes de terre du jardin engraissées au purin produit par les
toilettes familiales, avait un goût incomparable, Mais les "rollmops" seuls les parent en mangeaient. Le soir les enfants se régalaient de tartines avec de la confiture mais le père mangeait plus calorique lorsqu’il revenait de la mine. Mais le samedi soir c’était jour de fête pour les enfants car nous avions droit à des œufs à la coque, à du pâté de viande aggloméré appelé « Flèchkèse », et même de la saucisse de pâté de foie les jours de paye. |
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Chaque dimanche apportait son repas amélioré et je me rappelle surtout du choux rouge cuit râpé servi avec des « rolades » sortes de rouleaux de fines tranches de bœuf enroulés autour d’un œuf dur, le tout plongé dans une sauce brune. Lors des fêtes ma mère passait beaucoup de temps à faire des « Spaetzele » composés d’un mélange de pomme de terre crues râpées et aussi cuites formés en beignets fourrés avec de la viande hachée à l’intérieur, l’ensemble étant bouilli dans l’eau et servi dans de la sauce à la crème fraîche et lardons. Un suprême régal ! |
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Mise à jour le 18 fev 2004 / RR