Guerre et après-guerre.
|
Avant le déclenchement des hostilités et
ma naissance la famille avait abandonné la maison en 1940 pour se réfugier
en Charente à Cognac. La peur d'être maltraité, voir tué par l'ennemi,
leur avait fait prendre
Pendant des années je fus terrifié par le
bruit des avions et le sifflement des bombes. Les alliés lâchaient leur
semence mortelle sur Sarrebruck la nuit, non pas à vue, mais suivant leurs
montres et ils volaient beaucoup trop haut pour échapper à la «Schlake »
c-à-d la DCA allemande. Il en résultait un
Ma mère m'a raconté cette histoire. Un jour
les américains ont fait irruption dans la cave pour la fouiller. A travers
l'ouverture dans le mur ils ont senti l'odeur de pain que le voisin était
en train de faire cuire dans son fourneau. Alors ils se sont précipités
vers lui en enlevant le pain du four et en le mangeant tout brûlant. En
échange ils ont remis des rations US. Il faut dire que la pénurie régnait
et que le bébé que j'était ne mangeait que quelques rondelles de
pommes de terre cuites par jour. Pour compenser ce manque de
calories mon grand-père partait entre deux bombardements à
Lixing-les-Rouhling ( plus de 20km aller-retour) avec son vieux vélo
|
![]() |
Ce que je me rappelle c’est le papier argenté avec lequel je jouais en sortant de la cave, sorte de bandes qui étaient lancées des avions pour brouiller les radars ennemis. Je me souviens même avoir vue un soldat avec la tête bandée tachée de sang descendre la rue Ste Stéphanie encadré de plusieurs autres soldats. Cinquante mètres plus loin ils sont rentrés dans le jardin d’un voisin et je ne les ai plus revu par la suite. Je devais avoir dans les deux ans à ce moment là. Ma mère m’a dit plus tard que c’était un détachement de la « Croix Rouge » qui rejoignait les américains cantonnés au Habsterdick de l’autre coté du chemin de fer. |
||
Un autre souvenir me rappelle l’eau qu’on allait chercher avec des seaux au haut de la rue. La guerre avait détruit la distribution de l’eau de ville. Il y avait à cet endroit une source qui, en s’écoulant, formait dans le caniveau en hiver une énorme glissade. Le pont enjambant la voie ferrée de la SNCF avait aussi était détruit et un pont en bois permettait le passage des piétons et des voitures. Quelques années après, lorsque je devins adolescent, Il fût reconstruit par un pont en béton, un peu plus bas prés de la gare.
Enfants, on allait à pied à l’église
catholique de Striring le dimanche matin. J’avais obtenu à petit travail à
la librairie « Ziebenshuh » qui consistait à récupérer un paquet de
journaux à la sortie de l’église et le ramener aux clients qui attendaient
leur quotidien. En récompense je pouvait me choisir un illustré et souvent
je prenais « Le Journal de Mickey » qui était à ce moment à ses premiers
numéros.
|
Mise à jour le 18 fev 2004 / RR